14-18 L'IMPOSSIBLE OUBLI

 

 

 

Bien après que les volcans se soient éteints,

je vous croisais près du monument

dans le mitan de chaque automne.

Vous murés dans l'indicible,

et moi tout désireux d'en finir avec le chaos de mon enfance.

 

B

 

 

Plus tard,

j'ai compris que là où vous étiez allés

il n'y avait plus de mots pour en revenir.

Vos corps, vos esprits étaient restés là-bas...

l'Enfer.

 

C

          

 

Aujourd'hui les mêmes incendiaires

allument des brasiers avec des armes qui défient le soleil.

L'Enfer ne ferme jamais sa porte.

 

D

 

 

Pauvres grands-pères

qui ne connurent que la peur pour vos vingt ans,

vous continuez à l'infini de gravir des Golgothas noirs et blancs

dans le silence d'un feu roulant qui se cherche une bande son.

Vous agitez à jamais "vos membres condamnés"

dans nos mémoires,

hurlant qu'enfin cette Der des Ders

arrive sur la Vallée de nos Larmes.

 

E

 

 

Ici ou plus au nord dans les champs de croix,

vous restez les camarades,

ceux qui nous manquent,

pour en finir avec "la légitime ambition",

la grande bêtise qui ravage le monde.

 

F

 

 

C'est de ce manque et de cette absence de sens

qu'il est question sur les toiles qui vous sont dédiées.

Un jour peut-être les fantômes pourront connaître le repos,

nous laissant dans un monde qui se sera fait la Paix.

 

G